Repères - L'occitan, qu'es aquò ?

Réponse 8



LES TROUBADOURS

Le comte de Poitiers Guillaume IX d'Aquitaine, la comtesse de Die, le fils de marchand Peire Vidal et l'enfant trouvé Marcabru sont tous des troubadours

L'histoire des troubadours commence avec Guillaume de Poitiers, grand seigneur de son temps et premier poète occidental à écrire non en latin mais en langue vulgaire, l'occitan. Après lui se succèdent au cours des XIIe et XIIIe siècles plus de 400 troubadours issus de milieux sociaux variés, rois, seigneurs, chevaliers, bourgeois ou gens de basse extraction.

Le poète, originaire du Limousin, du Languedoc, de Provence, ou même de Catalogne ou d'Italie, compose ses vers et les met en musique.

Les genres littéraires :

Les poèmes peuvent être d'un style différent - trobar leu compréhensible par tous ou trobar clus réservé à une élite de « spécialistes » - et se présenter selon plusieurs genres :
La canso, chanson, qui correspond à l'ode antique et est généralement consacrée à l'amour idéalisé et à la tristesse amoureuse.
Le sirventès, une canso au ton plus agressif consacrée à la satire morale ou politique.
Le planh, une lamentation sur la mort d'un grand personnage ou d'une femme aimée.
L'alba, l'aube, thème où deux amants qui ont passé la nuit ensemble sont éveillés par le cri du guetteur et déplorent que leur bonheur ait été si court.

La Fin'Amor :
Si toute la poésie occitane du Moyen Âge n'est pas consacrée à l'amour, il est cependant le thème majeur des troubadours. La Fin'Amor (amour épuré, noble amour), c'est d'abord l'amour de la Dame. Le troubadour se met au service de sa Dame dans une attitude de respect et d'humilité, tout en espérant la conquérir. Cet amour courtois, en créant un véritable culte de la femme, a fait l'originalité de la poésie des troubadours.

Parmi les principaux troubadours on peut citer :
    Guillaume de Poitiers (1071-1127). Grand seigneur, il possède un domaine plus étendu que celui du roi de France. Il prend part à une expédition en Terre Sainte en 1102 puis contre les Almoravides en 1120. C'est aussi un poète et le premier troubadour. A côté de pièces très crues d'une verve gaillarde et parfois anticléricale, on trouve dans son oeuvre d'exquises chansons d'amour. Avec lui s'ébauchent les théories courtoises.

    Marcabru (1129-1150). D'origine gasconne, cet enfant trouvé aurait eu pour protecteur Guillaume X d'Aquitaine. Il se fait jongleur et réside dans plusieurs cours du midi de la France. Sa poésie, d'un style pittoresque et truculent, est une protestation contre la société aristocratique de son temps. Ce troubadour a une personnalité complexe : ce misogyne est aussi un chantre de l'amour sublimé.

    Jaufré Rudel (compose ses poèmes vers 1130-1150). Ce seigneur suit en 1147 le comte d'Angoulême et le comte de Toulouse à la croisade ; il n'en reviendra pas. On trouve chez ce troubadour, qui peint aussi l'aventure chevaleresque, le mythe de l'amour lointain, idéalisé et mystique. Plus tard une légende rapporte qu'il tomba amoureux d'une comtesse de Tripoli sans l'avoir jamais vue, partit pour elle et mourut dans ses bras.

    Bertran de Born (1140-1205). Baron féodal, il guerroie contre Henri II Plantagenêt roi d'Angleterre, prend parti pour le fils aîné du roi contre Richard Coeur de Lion. Il est le troubadour des aventures guerrières et des batailles, le poète des sirventès politiques.

    Bernart de Ventadour (1130-1215). Il est le fils d'un serviteur du château de Ventadour. Son seigneur lui apprend l'art d'écrire. Chassé du château pour une affaire amoureuse, il se réfugie auprès d'Aliénor d'Aquitaine avant de trouver protection auprès de Raimon V, comte de Toulouse. À la mort de celui-ci, il se fait moine. L'ensemble de son oeuvre est consacré à la Fin'Amor.

    Raimbaud d'Orange (1147-1173). Ce comte d'Orange est le plus ancien troubadour provençal. C'est un poète obscur (trobar clus) à qui on doit plusieurs poésies lyriques et un sirventès.

    Comtesse de Die (fin XIIe s.). On ne sait presque rien de cette poétesse. On pense qu'elle s'appelait Béatrice, qu'elle était la fille du comte Guillaume Ier de Poitiers. Elle aurait été amoureuse de Raimbaud d'Orange qu'elle chante dans ses poèmes en se plaignant de son inconstance.

    Peire Vidal (1175-1210). Il est le fils d'un marchand de Toulouse. Il consacre sa vie à la poésie et aux voyages :

    à la cour d'Alphonse II d'Aragon, en Provence, en Hongrie, en Terre Sainte et en Italie. La légende raconte ses nombreuses aventures amoureuses et son union avec la nièce de l'empereur de Constantinople. Les chansons et sirventès de ce troubadour sont pleines d'originalité et de fantaisie.


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