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L'histoire des troubadours commence avec Guillaume de Poitiers, grand seigneur de son temps et premier poète occidental à écrire non en latin mais en langue vulgaire, l'occitan. Après lui se succèdent au cours des XIIe et XIIIe siècles plus de 400 troubadours issus de milieux sociaux variés, rois, seigneurs, chevaliers, bourgeois ou gens de basse extraction. Le poète, originaire du Limousin, du Languedoc, de Provence, ou même de Catalogne ou d'Italie, compose ses vers et les met en musique. Les genres littéraires : Les poèmes peuvent être
d'un style différent - trobar leu compréhensible
par tous ou trobar clus réservé à une
élite de « spécialistes » - et se présenter
selon plusieurs genres
La
canso, chanson, qui correspond à l'ode antique
et est généralement consacrée à l'amour
idéalisé et à la tristesse amoureuse.
Le
sirventès, une canso au ton plus agressif
consacrée à la satire morale ou politique.
Le
planh, une lamentation sur la mort d'un grand personnage
ou d'une femme aimée.
L'alba,
l'aube, thème où deux amants qui ont passé la
nuit ensemble sont éveillés par le cri du guetteur et
déplorent que leur bonheur ait été si court.
Parmi les principaux troubadours on peut citer Guillaume
de Poitiers (1071-1127). Grand seigneur, il possède
un domaine plus étendu que celui du roi de France. Il prend
part à une expédition en Terre Sainte en 1102 puis
contre les Almoravides en 1120. C'est aussi un poète et le
premier troubadour. A côté de pièces très
crues d'une verve gaillarde et parfois anticléricale, on
trouve dans son oeuvre d'exquises chansons d'amour. Avec lui s'ébauchent
les théories courtoises.
Marcabru
(1129-1150). D'origine gasconne, cet enfant trouvé
aurait eu pour protecteur Guillaume X d'Aquitaine. Il se fait jongleur
et réside dans plusieurs cours du midi de la France. Sa poésie,
d'un style pittoresque et truculent, est une protestation contre
la société aristocratique de son temps. Ce troubadour
a une personnalité complexe : ce misogyne est aussi un chantre
de l'amour sublimé.
Jaufré
Rudel (compose ses poèmes vers 1130-1150). Ce
seigneur suit en 1147 le comte d'Angoulême et le comte de
Toulouse à la croisade
Bertran
de Born (1140-1205). Baron féodal, il guerroie
contre Henri II Plantagenêt roi d'Angleterre, prend parti
pour le fils aîné du roi contre Richard Coeur de Lion.
Il est le troubadour des aventures guerrières et des batailles,
le poète des sirventès politiques.
Bernart
de Ventadour (1130-1215). Il est le fils d'un
serviteur du château de Ventadour. Son seigneur lui apprend
l'art d'écrire. Chassé du château pour une affaire
amoureuse, il se réfugie auprès d'Aliénor d'Aquitaine
avant de trouver protection auprès de Raimon V, comte de
Toulouse. À la mort de celui-ci, il se fait moine. L'ensemble
de son oeuvre est consacré à la Fin'Amor.
Raimbaud
d'Orange (1147-1173). Ce comte d'Orange est le
plus ancien troubadour provençal. C'est un poète obscur
(trobar clus) à qui on doit plusieurs poésies lyriques
et un sirventès.
Comtesse
de Die (fin XIIe s.). On ne sait presque
rien de cette poétesse. On pense qu'elle s'appelait Béatrice,
qu'elle était la fille du comte Guillaume Ier
de Poitiers. Elle aurait été amoureuse de Raimbaud
d'Orange qu'elle chante dans ses poèmes en se plaignant de
son inconstance.
Peire
Vidal (1175-1210). Il est le fils d'un marchand
de Toulouse. Il consacre sa vie à la poésie et aux
voyages
à la cour d'Alphonse II d'Aragon, en Provence, en Hongrie, en Terre Sainte et en Italie. La légende raconte ses nombreuses aventures amoureuses et son union avec la nièce de l'empereur de Constantinople. Les chansons et sirventès de ce troubadour sont pleines d'originalité et de fantaisie. |