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| De 1800 à 2000, le statut des langues régionales et de leur enseignement : répression, autorisation, incitation, valorisation |
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1800-1950 : répression : parlez français ! Au début de la Révolution, les langues
régionales sont un véhicule de communication pour expliquer
au peuple les lois nouvelles, les réformes, les objectifs de la
politique révolutionnaire. La Convention voit très vite
dans leur pluralisme un obstacle à l'unité nationale, elle
norme, elle régule, elle étalonne Le débat (linguistique, culturel, politique) est à replacer dans le champ des langues maternelles et des langues imposées ou importées par la colonisation, des dialectes et des koïnés. La langue commune n'est pas, le plus souvent, la langue mère, et elle s'impose en "distorsion et discordance". Langues officielles, langues étrangères, langues secondes, dialectes... Le français, s'il est actuellement la langue maternelle des jeunes générations de musulmans français issus de l'immigration, n'était pas, jusqu'à ces dernières décennies, la langue maternelle de millions de Français de milieu urbain comme de milieu rural : leur langue maternelle, c'était leur « patois » (breton, alsacien, occitan, basque, corse...). C'est à peu près ce qui s'est joué entre le berbère ou le kabyle, l'arabe, le français au Maghreb. |
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1950-2000 : autorisation,
incitation, valorisation Une loi met fin à cette longue répression, en ouvrant un espace de permissivité pour l'enseignement des langues et cultures régionales : c'est la loi de 11 janvier 1951, dite loi Deixonne, du nom de Maurice Deixonne, rapporteur de la commission parlementaire de l'Éducation nationale qui avait présenté le projet de loi. Elle constitue une première reconnaissance officielle du droit à l'existence des langues régionales et de leur enseignement. Certes, le verbe « autoriser » est récurrent, les langues régionales considérées comme faire-valoir de la langue française (article 2), et leur enseignement reste très facultatif et très limité. Sur cette loi s'appuient la circulaire 82-261 du 21 juin 1982 (un dispositif d'enseignement des langues régionales de la maternelle au lycée), et la circulaire 83-547 du 30 décembre 1983 (objectifs, méthodologie, cadre de travail des enseignants). S'ajoutent à ces textes le décret du 23 septembre 1985 qui fixe le statut du Conseil national des langues et cultures régionales, ainsi que les arrêtés concernant les programmes spécifiques. La circulaire du 7 avril 1995 est un texte essentiel On peut trouver dans le rapport Poignant
Langues et cultures régionales une analyse détaillée
des données historiques des langues régionales et de la
situation actuelle dans l'enseignement. Ce rapport, qui a été
remis au Premier ministre le 1er juillet 1998, préconise
une série de mesures et conclut notamment que la place faite aux
langues régionales doit accompagner les grands choix dans lesquels
le pays s'est engagé La France a signé ce traité en 1999. La portée de
cette signature est relative |