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Il existe dans le conte occitan, comme dans tous les contes, des formulettes
spécifiques.
Les formulettes initiales sont à peu près
invariables :
| Jo sabi un conte |
Je sais un conte |
| I aviá |
Il y avait |
| Un còp i aviá |
Il y avait une fois |
Elles sont plus minimalistes que les formules
finales qui sont des variations sur le fait que le conte
se termine, avec des variantes thématiques, phonétiques,
lexicales. En voici quelques-unes, acabat (achevé) rimant
au choix avec prat (pré), gat (chat), sac (sac)
:
Tric ! Trac !
Som passat per un prat,
Mon conte es acabat |
Et tric et trac !
Je suis passé par un pré
Et mon conte est achevé |
En passant dins un prat
Marchèri sur la coeta d'un gat
Que fasquèt "coic coic coac coac"
E mon conte es acabat ! |
En passant dans un pré
Je marchai sur la queue d'un chat
Qui fit "couic couic couac couac"
Et mon conte est achevé ! |
E cric e crac
Sèm al fons del sac
Mon conte es acabat ! |
Et cric et crac
On est au fond du sac
Mon conte est achevé ! |
Outre le plaisir des sons et des mots, une petite histoire s'esquisse,
un paysage se dessine, une vie rurale est évoquée, un
peu comme dans des comptines :
E cric crac
Mon conte es acabat
Soi passat per un prat
Ai pres un lampada de fen
E me'n soi anat ! |
Et cric crac
Mon conte est achevé
Je suis passé par un pré
J'y ai pris une lampée de foin
Et je m'en suis allé ! |
E cric crac
Mon conte es acabat
Passèri per un prat
Portavi solièrs de veire
Los copèri sense los veire ! |
Et cric crac
Mon conte est achevé
Je passai par un pré
Je portais des souliers de verre
Je les cassai sans les voir ! |
On retrouve dans les contes de tous pays des formules
d'incipit, de clausules ou internes au conte.
Les formulettes peuvent même se développer en chansonnettes.
Le petit chaperon rouge : "Tire la chevillette et la bobinette
cherra".
Blanche-Neige et le dialogue en refrain du miroir de la reine.
Le grain magique (Taos Amrouche) : "Que mon conte soit beau et
se déroule comme un long fil", "Mon conte est comme un ruisseau,
je l'ai conté à des seigneurs".
Dans les contes marocains une des formules rituelles de fin les plus
répandues est :
"Je suis allée chez ma tante et mon bol s'est cassé"
ou
"Voilà ce que les gens de bien nous ont raconté ; à
notre tour nous le racontons à d'autres gens de bien".
Les difficultés de traduction sont telles que souvent le traducteur
laisse ces formules rituelles dans la langue d'origine :
homophonies, homonymie, assonances, rimes... étant intraduisibles
ou perdant sel et sens en français.
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